Claude-Max LOCHU - Artiste Peintre Paris

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Art is everywhere.


Avec un regard amusé et un humour parfois caustique sur notre société, Claude-Max Lochu souligne à quel point nous sommes devenus dépendants des images qui nous sont imposées. A coup de publicité, de conseils avisés, de panneaux lumineux et autre communication digitale, nous sommes 24h/24h branchés sous la perfusion de la consommation… à moins que nos sens artistiques et esthétiques soient malicieusement titillés par des approches décalées, amusantes et sans concession.

En première ligne de ses attaques, Claude-Max Lochu place les excès de l’abondance de nourriture dans nos pays occidentaux : un grand totem de boîtes de « biscuits d’amour » s’érige en colonne d’honneur du plaisir obligatoire; des glaces internetophiles flottent dans le cyberespace ; le tourbillon crémeux d’un cappuccino est un appel à une délectation sans répit. On est en pleine ambiance pop, kitch, voir psychédélique.
Furieux d’avoir hurlé avec les loups à la gloire du « toujours plus », Claude-Max Lochu écrabouille symboliquement les marques emblématiques de nos vies quotidiennes : canette de Coca et paquets de cigarettes jetés sur les trottoirs, aplatis par le passage répété des roues de voiture, portent en eux malgré tout une vraie dimension esthétique. Il faut simplement prendre le temps de les observer un peu, autrement, en dehors du contexte des linéaires maîtrisés, rangés, optimisés.

La mode est épinglée dans le même esprit. Chaussures et T-shirts se font porte-parole de revendications loufoques. Etalages, amoncellements, détournements de revendications bien pensantes, la pyramide promotionnelle s’effondre sous les assauts virulents de la peinture. A tous ces clichés, s’ajoute celui des wonderwomen et supermen. On ne les voit que très rarement dans les tableaux car ils se sont mués en rayons lumineux. Ils transpercent les fenêtres et les parois de verre de leurs bureaux trop étriqués et s’abîment en contre-plongée au pied de leurs prisons dorées.

Et comme si cela ne suffisait pas, Claude-Max Lochu invente sa propre signalétique pour nous guider. Panneaux, affiches, emballages nous indiquent la direction à suivre : celle de l’art bien sûr, qui se trouve partout, à condition de bien vouloir suivre des chemins inexplorés.


Frédérique Paumier-Moch 5 avril 2011






Quand la peinture devient magie incantatoire


Sur les lèvres phosphorescentes des panneaux publicitaires qui se tordent, magiquement rendues à la vie par le pinceau du peintre, ce sont des cris prophétiques qui s’affichent, fruits de l’agonie d’un monde en passe d’enfanter un univers chimérique où l’humour, force de création, reprend ses droits et où le mot retrouve sa dimension magique et incantatoire.
Art is what you need... Call me art... No art maybe soon...
Car les graphistes, les designers d’aujourd’hui n’ont retenu de la poésie que sa force de suggestion et l’ont jetée en pâture à Mammôn. Exit la puissance cathartique du Verbe !
Voilà pourquoi les signes graphiques, les aphorismes publicitaires prennent une place obsédante chez Claude Max Lochu, créant des rimes visuelles au sein de son oeuvre. Sans doute parce que ces formules, sont d’inestimables mamtram et qu’il est du devoir de l’artiste de les ravir au publicitaire (qui lui même les a dérobés au prêtre) pour les rendre à leur fonction première : l’élévation de l’âme hors des contingences des sens.

Franck Gardian
Carrières, le 17/09/09






Sur les toiles de Claude-Max Lochu, c'est bien la paix retrouvée que l'on peut découvrir, quand, à force d'avoir été tordus, froissés , étirés par le peintre, les sujets ont enfin exhalé leur essence , à l’instar du Café de Théo, dont les deux joyaux d’amertume, au fond de leur tasse de porcelaine brune, sont enchâssés dans les pourpres de la table, invitant le passant en quête de repos à venir poser ses lèvres et s’emplir de la douce liqueur du quotidien. Chaque tableau est une invitation à quitter la frénésie contemporaine pour venir se poser et ouvrir grand les sens.
Les couvertures surannées des livres de poches que Claude- Max exhume avec la patience d’un archéologue des brocantes paumées de patelins du bout du monde ; les restes des devantures en toc des boutiques à touristes de Tahiti Beach transformés en péristyles antiques ; les vitres du Bar de l’hôtel Sube laissant filtrer une lumière d’ivoire dans des intérieurs de luxe, de calme et de volupté où les cuirs courbes luisent comme des ustensiles de cuivre ; les façades miroitantes des gratte-ciel de Broadway et de Wall street... sont autant de portes que l’on souhaiterait pousser pour se goinfrer des légendes que continue à enfanter le monde moderne.
Si les romans, les journaux, les partitions peuplent les oeuvres du peintre ce n’est pas seulement parce qu’il souhaite ressusciter le temps perdu mais peut-être surtout parce que ses toiles rivalisent de mystère et d’inventivité pour nous raconter des histoires.

Franck Gardian, atelier de Claude- Max Lochu, 3 avril 2008